AKTIS
No 007, Janvier-Février 2012
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EDITO
** La recherche en radioprotection : à chaque principe, son potentiel de
progrès
La mise en œuvre des activités nucléaires doit s'effectuer dans le
respect des trois principes fondamentaux de radioprotection érigés par
le Code de la Santé publique : la justification, l'optimisation et la
limitation des expositions humaines aux rayonnements ionisants. Le
respect de ces principes de gestion vise à protéger les personnes
(travailleurs, patients, public).
Pour autant, les modalités d'application des principes sont directement
liées à l'état des connaissances dont deux articles de ce numéro
illustrent des progrès : des modélisations plus fines de l'humain
mettent en lumière un potentiel d'optimisation des doses délivrées en
médecine nucléaire. De même, les travaux sur les dommages radio-induits
dans la sphère gastro-intestinale ouvrent des voies prometteuses pour
faire évoluer dans un sens plus favorable la balance
avantages / détriments de santé (fondant la justification) pour les
patients traités par radiothérapie ; voies d'autant plus utiles qu'elles
pourraient les aider à surmonter certains effets secondaires
indésirables difficiles à vivre au quotidien.
Ainsi, l'avancée des connaissances en protection de l'homme constitue un
moteur essentiel du progrès dans l'application des principes de
radioprotection.
Matthieu Schuler,
Directeur de la stratégie, du développement et des
partenariats
>> matthieu.schuler@irsn.fr
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FOCUS
Irradiation - Patients
** L'endothélium et les lésions intestinales radio-induites
Deux thèses soutenues récemment ont approfondi la compréhension des
mécanismes biologiques impliqués dans le développement des lésions
radio-induites de l'intestin après une radiothérapie de la sphère
abdomino-pelvienne. L'une a confirmé le rôle important d'une protéine,
PAI-1, dans la fibrose après irradiation. L'autre a révélé le rôle des
mastocytes dans le maintien de l'inflammation post-irradiation. Ces deux
facteurs focalisent l'attention sur le fonctionnement spécifique de la
cellule de l'endothélium après une irradiation, qui pourrait ouvrir la
voie à de futures approches thérapeutiques des effets secondaires des
radiothérapies.
La radiothérapie est aujourd'hui utilisée seule ou en association avec
d'autres thérapeutiques (chimiothérapie, chirurgie, thérapie ciblée)
pour traiter 60 % des cancers. Il s'agit d'administrer à la tumeur une
dose de rayonnements maximale pour la détruire ou la stériliser tout en
épargnant au mieux les tissus sains environnants. Malgré tous les
progrès technologiques actuels en termes de balistique et de qualité de
rayonnement, les traitements par radiothérapie peuvent cependant léser
les tissus sains situés à proximité de la tumeur, et générer des effets
secondaires indésirables.
Dans le cas des cancers de la sphère abdomino-pelvienne (prostate,
utérus, rectum par exemple), l'entériteGLO et la rectite dites
« radiques » car provoquées par l'irradiation, sont les principaux
effets secondaires. Elles peuvent apparaître dans les jours et les
semaines qui suivent le début du traitement (entérite ou rectite aigue)
ou des mois voire plusieurs années après la fin du traitement (entérite
ou rectite chronique) et évoluer vers des fibrosesGLO radiques. À ce
jour, les stratégies thérapeutiques pour traiter ces lésions restent
limitées à des traitements symptomatiques et parfois chirurgicaux pour
les cas les plus sévères.
Pour trouver de nouveaux traitements protecteurs des tissus sains,
l'IRSN a d'abord cherché à comprendre les mécanismes biologiques à
l'origine de ces complications. Ces travaux s'inscrivent aujourd'hui
dans un programme de recherche, Rosiris, que l'IRSN mène en précurseur
pour mieux définir les critères d'évaluation du risque pour le patient
et optimiser les protocoles de radiothérapie. Rosiris tente d'établir
une relation entre la modélisation biophysique des effets précoces des
rayonnements au niveau cellulaire et leurs conséquences tardives au
niveau tissulaire, via la compréhension des mécanismes biologiques. Deux
thèses soutenues récemment ont identifié et décrit le rôle de deux
nouveaux facteurs de développement des lésions radio-induites, tous deux
ayant un lien étroit avec la physiologie vasculaire : la protéine PAI-1
et les mastocytes.
[ Le rôle de PAI-1 dans l'initiation de la fibrose après irradiation ]
PAI-1, ou l'inhibiteur des activateurs du plasminogène de type-1, est
une protéine qui est anormalement expriméeGLO dans les fibroses
« classiques », notamment dans la paroi interne des vaisseaux sanguins,
l'endothélium vasculaire. Cette expression anormale s'observe aussi pour
les fibroses radio-induites de l'intestin.
Durant sa thèse, Rym Abderrahmani a montré que la protéine PAI-1 joue un
rôle clé dans la réaction précoce des tissus à l'irradiation. Elle a
tout d'abord travaillé in vivo sur des souris irradiées. En inhibant
l'action de PAI-1 à l'aide d'une molécule pharmacologique administrée
juste avant l'irradiation, les lésions radio-induites se développent
moins dans l'intestin.
[ PAI-1 et apoptose radio-induite ]
Dans un second temps, elle a analysé le rôle de PAI-1 dans la mort
radio-induite (apoptoseGLO) des cellules de l'endothélium et de la
muqueuse de l'intestin, en étudiant un groupe de souris génétiquement
modifiées, qui n'expriment plus la protéine PAI-1, et un groupe de
souris normales. Après une irradiation localisée à forte dose (19 Gy)
d'une anse de l'intestin, le taux d'apoptose a été évalué chez les deux
groupes de souris pour les différents constituants cellulaires
(endothélium et épithélium) de ce tissu. Les résultats obtenus montrent
peu de différence entre les souris sauvages et les souris déficientes en
PAI-1 pour les cellules de la muqueuse intestinale. En revanche,
l'apoptose des cellules de l'endothélium est diminuée chez les souris
déficientes en PAI-1 : PAI-1 influence donc principalement leur
radiosensibilité.
L'impact de la mort des cellules de l'endothélium a ensuite été évalué :
24 heures après irradiation, les souris normales, possédant la protéine
PAI-1, ont perdu davantage de micro-vaisseaux sanguins que les souris
déficientes en PAI-1, ce qui est associé à des lésions intestinales plus
importantes chez les souris normales.
Enfin, des études in vitro ont été menées sur des cellules de
l'endothélium de souris sauvages et de souris déficientes en PAI-1 ainsi
que sur des cellules humaines où l'expression de PAI-1 a été « éteinte »
par des techniques de biologie moléculaire (siRNAGLO). L'absence de
PAI-1 rend ces cellules plus résistantes à l'irradiation.
Ces résultats renforcent l'hypothèse de l'IRSN qu'un effet précoce de
l'irradiation – la mort des cellules endothéliales – peut
influencer le développement des lésions tardives. La protéine PAI-1
semble une cible thérapeutique possible pour protéger les tissus sains
des effets de l'irradiation, s'il se confirme que cela ne compromet pas
le traitement anti-cancéreux chez l'homme.
[ Le rôle des mastocytes dans la fibrose après irradiation ]
Une autre voie de recherche a récemment porté ses fruits : l'analyse du
rôle des mastocytes dans le développement des fibroses et rectites
induites par la radiothérapie. Les mastocytes sont des cellules qui
résident dans la plupart des tissus de l'organisme, et en particulier
ceux qui sont à l'interface avec le milieu extérieur (peau, intestin,
muqueuses). Entre autres fonctions, ils jouent un rôle important dans
l'inflammation, et globalement dans les réactions de défense de
l'organisme contre certaines agressions.
Durant sa thèse, Karl Blirando a d'abord étudié les mastocytes dans des
tissus sains inclus dans le faisceau d'irradiation, prélevés sur des
patients traités par radiothérapie pour des adénocarcinomes du rectum.
Un marquage de ces tissus à l'aide d'anticorps spécifiques a montré que
le nombre de mastocytes avait considérablement augmenté dans les tissus
irradiés (au niveau de la muqueuse, sous-muqueuse et de la couche
musculaire). Cette observation est confirmée par des études in vivo sur
des souris irradiées localement dans la région pelvienne : sur des
prélèvements de rectum, le nombre de mastocytes augmente dans tous les
compartiments tissulaires lorsque les lésions deviennent chroniques.
Puis in vitro, Karl Blirando a montré que les principaux médiateursGLO
libérés par les mastocytes (l'histamine et les protéases) sont capables
d'activer les cellules musculaires de la paroi rectale. Or on sait que
les cellules musculaires activées contribuent significativement au
développement des lésions chroniques du tube digestif.
Dans une autre expérimentation, Karl Blirando a montré que pour la même
irradiation chez des souris génétiquement modifiées dépourvues de
mastocytes, les lésions colorectales sont moins sévères, tant dans la
phase précoce que la phase tardive après irradiation.
[ Mastocytes et vaisseaux sanguins ]
Les mastocytes ont donc un rôle négatif dans ce cas et favorisent le
développement des lésions intestinales radio-induites. Pour aller plus
loin, Karl Blirando a étudié le rôle des mastocytes en interaction avec
les vaisseaux sanguins, d'une part parce que ces derniers sont des
acteurs importants dans l'inflammation consécutive à l'irradiation, et
d'autre part, parce que les médiateurs mastocytaires sont capables de
stimuler l'endothélium. Après une irradiation, les cellules de
l'endothélium sécrètent des molécules inflammatoires comme
l'interleukine-6 et l'interleukine-8 (IL-6 et IL-8). Karl Blirando a
démontré que, lorsque l'irradiation se produit en présence d'un
« mélange complexe » de médiateurs mastocytaires, les cellules de
l'endothélium sécrètent davantage d'Il-6 et Il-8. Les mastocytes peuvent
donc exacerber la réponse inflammatoire des vaisseaux après irradiation
et ainsi participer au développement des lésions. De plus, en bloquant
l'action de l'histamine, l'inflammation n'est plus exacerbée.
Sur un plan fondamental, ces travaux suggèrent que les micro-vaisseaux
sanguins jouent un rôle central dans l'apparition et le maintien de
lésions précoces et tardives radio-induites dans l'intestin. Cette
conviction a contribué à orienter la poursuite des recherches sur un
modèle biologique unique : la cellule endothéliale. De nouvelles pistes
thérapeutiques pour le traitement des effets secondaires des
radiothérapies sont envisagées.
En savoir plus sur le programme Rosiris
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=342&p=1
En savoir plus sur le LRTE
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=343&p=1
Publication : Rôle des mastocytes dans le développement de la
rectite radique in vivo et de la réponse endothéliale à l'irradiation in
vitro. Thèse soutenue par Karl Blirando le 27 janvier 2011 à Paris.
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=344&p=1
Publication : Blirando K, Milliat F, Martelly I, Sabourin JC,
Benderitter M et Francois A : « Mast cells are an essential component of
human radiation proctitis and contribute to experimental colorectal
damage in mice. » Am J Pathol, 2011, 178:640-51.
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=345&p=1
Publication : Rôle de l'Inhibiteur des Activateurs du Plasminogène
de type-1 (PAI-1) dans les dommages radio-induits aux tissus sains.
Thèse soutenue par Rym Abderrahmani le 16 décembre 2010.
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=346&p=1
Contacts :
Marc Benderitter
(Laboratoire de radiopathologie et
thérapies expérimentales - LRTE)
>> marc.benderitter@irsn.fr
Fabien Milliat
(Laboratoire de radiopathologie et thérapies
expérimentales - LRTE)
>> fabien.milliat@irsn.fr
Agnès François
(Laboratoire de radiopathologie et thérapies
expérimentales - LRTE)
>> agnes.francois@irsn.fr
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APPLICATIONS DE LA RECHERCHE
Dosimétrie interne
** Une dosimétrie de plus en plus personnalisée
Une thèse à l'IRSN a quantifié l'intérêt d'utiliser des représentations
morphologiques réalistes du corps humain pour calculer les doses reçues
lors d'actes de médecine nucléaire. Ces outils permettront à l'avenir
d'optimiser les doses aux patients, à service médical équivalent.
La médecine nucléaire concerne 35 millions de patients chaque année dans
le monde. Grâce à l'injection d'un radiopharmaceutiqueGLO dans le corps,
elle permet de diagnostiquer ou de traiter des pathologies. En
contrepartie du bénéfice médical, les patients sont exposés à des
rayonnements ionisants (1). Les principes de la radioprotection exigent
que cette exposition soit optimisée. Un travail de thèse mené à l'IRSN
par Lama Hadid a quantifié l'avantage, pour mieux évaluer les doses
reçues, d'utiliser une représentation morphologique réaliste du corps
humain, voire les caractéristiques réelles du patient.
Dans le cas du diagnostic, qui implique des doses relativement faibles,
la dosimétrieGLO est estimée à partir de valeurs de référence calculées
à l'aide de modèles mathématiques simplifiés du corps humain. Mais la
Commission internationale de protection radiologique (CIPR) vient
d'abandonner ces modèles pour adopter des fantômes voxelisésGLO,
représentations plus réalistes. Ils correspondent à des morphologies
moyennes de la population européenne et nord-américaine.
[ Fantômes voxélisés et anatomie réelle ]
Les doses absorbéesGLO par 24 organes des fantômes voxélisés ont été
calculées pour 11 radiopharmaceutiques à l'aide du logiciel OEDIPE et
des modèles biocinétiquesGLO de la CIPR. Ainsi calculée, la dose
absorbée par certains organes peut être quatre fois plus importante que
la dose de référence obtenue avec les modèles mathématiques antérieurs,
montrant le gain apporté par le changement de la CIPR.
Pour 8 radiopharmaceutiques, ces nouvelles doses moyennes de référence
ont ensuite été comparées aux doses calculées pour l'anatomie réelle de
12 patients. Excepté pour un organe particulier (œsophage), les
différences entre les doses absorbées par les organes, spécifiques de
l'anatomie des 12 patients, et celles obtenues avec les fantômes
voxelisés varient de 0 à près de 100 % après avoir effectué les
corrections de masse (2). Ces résultats fournissent un ordre de grandeur
de l'incertitude induite par les fantômes voxélisés de la CIPR pour
évaluer les doses en médecine nucléaire diagnostique. Malgré
l'importance de l'écart relatif, l'opportunité d'utiliser un calcul
« anatomie réelle » n'apparait pas évidente pour chaque acte diagnostic,
au vu des niveaux de doses en jeu.
[ En thérapie ]
En appliquant une dosimétrie personnalisée à un patient traité pour un
cancer du foie par injection de microsphères marquées à l'yttrium 90,
Lama Hadid a montré qu'il est possible de réaliser une dosimétrie qui
prend en compte la répartition hétérogène réelle du radionucléide dans
le corps du patient. Cette possibilité offre un intérêt tout particulier
pour optimiser la dose délivrée à la tumeur tout en protégeant au mieux
les tissus sains. Compte-tenu des niveaux mis en jeu durant une
thérapie, son application clinique en routine est à l'étude.
Helmholtz Zentrum München (Allemagne) ; Université de Floride
(États-Unis) ; Institut Curie ; Hôpital européen Georges Pompidou.
En savoir plus sur le logiciel OEDIPE
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=324&p=1
En savoir plus sur le Ledi
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=325&p=1
Publication : Optimisation de la radioprotection en médecine
nucléaire : de la dosimétrie de référence à la dosimétrie
personnalisée, thèse de doctorat soutenue par Lama Hadid le 9
septembre 2011 à l'Université Paris Diderot - Paris 7 - UFR de Physique
- École doctorale Particules, noyaux et cosmos ED 517 - spécialité
Physique radiologique et médicale.
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=326&p=1
Publication : Rapport IRSN L'exposition de la population française
aux rayonnements ionisants liée aux actes de diagnostic médical en
2007
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=327&p=1
(1) Si la médecine nucléaire ne représente que 1,6 % des
actes diagnostiques médicaux en France, elle génère 10 % de la dose
efficaceGLO annuelle due aux expositions médicales, qui est
passée de 0,83 mSv en 2002 à 1,3 mSv en 2007 en moyenne par an et par
individu.
>>
(2) La correction de masse consiste à utiliser dans le
fantôme voxélisé les masses réelles des organes de patients.
>>
Contact :
Aurélie Desbrée
(Laboratoire d'évaluation de la dose
interne)
>> aurelie.desbree@irsn.fr
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AVANCéES DE LA RECHERCHE
Criticité
** Lorsque la réactivité d'une solution de plutonium augmente avec la
température
Un programme de l'IRSN a, pour la première fois dans le monde, réuni les
conditions expérimentales confirmant que la réactivité nucléaire d'une
solution de plutonium peut, sous certaines conditions, augmenter avec la
température.
Des études théoriques menées depuis quinze ans ont montré que la
réactivité nucléaire de certaines solutions très diluées de plutonium
peut, de façon paradoxale en criticitéGLO, augmenter avec la
température. Les conditions de ce phénomène pourraient se trouver
réunies dans une installation de retraitement du combustible nucléaire
et influer sur la cinétique et la puissance d'un éventuel accident de
criticité. Le programme Pu-Température de l'IRSN visait à mettre en
évidence expérimentalement ce phénomène.
[ Identifier un effet de très faible ampleur ]
Pour identifier l'augmentation de réactivité, les chercheurs de l'IRSN
ont comparé, avant et après avoir élevé la température, les volumes de
solution de nitrate de plutonium nécessaires pour atteindre le seuil
critique dans la cuve de l'installation expérimentale utilisée. Comme le
niveau critique de nitrate de plutonium à la température la plus élevée
est inférieur à celui relevé à la température la plus basse, la
réactivité du système a augmenté. 14 expériences ont ainsi été réalisées
pour tester l'évolution de la réactivité de la solution pour des valeurs
de température et de concentration prévues par les études théoriques.
Pour chacune, la solution était chauffée à la température voulue dans un
réservoir, et introduite dans la cuve expérimentale jusqu'à un niveau
nettement inférieur à celui correspondant à la criticité. Puis des
quantités de plus en plus petites de solution étaient ajoutées en se
rapprochant de l'état critique tout en maintenant une marge de sécurité,
la hauteur critique de solution étant déterminée par extrapolation.
Mais, en vidangeant la cuve du dispositif à chaque fois, il n'était pas
certain que la composition chimique de la solution restât strictement
identique. Cette incertitude n'a pas permis de mettre en évidence
l'augmentation de réactivité lors des premiers essais. Ce problème a été
résolu en chauffant directement la solution dans la cuve lors des
derniers essais. L'augmentation de la réactivité de la solution avec la
température a été constatée pour une concentration de plutonium égale à
14,3 g/l : le niveau de solution relevé à 28 °C était inférieur de
1,3 cm à celui relevé à 22 °C, correspondant à une augmentation de
réactivité de 0,013 %.
[ Une confirmation numérique à venir ]
De nouvelles données nucléaires, obtenues en collaboration avec
l'Institut Laue Langevin, devraient permettre de simuler cet effet.
D'ores et déjà, l'IRSN qui est le premier à avoir mis en évidence ce
phénomène expérimentalement, prépare un modèle d'expériences afin de
permettre à la communauté scientifique internationale de confronter ses
logiciels de simulation numérique à cet effet de réactivité dans le
cadre d'un exercice comparatif organisé par l'OCDE.
CEA-Valduc.
En savoir plus sur le LNR (ex-Lerd)
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=330&p=1
Publication : Haeck W., Leclaire N., Létang E., Girault E., Fouillaud
P. : « The Plutonium Temperature Effect Experimental Program »,
Physor 2008, 14 - 19 septembre 2008, Interlaken, Suisse.
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=328&p=1
Publication : Haeck W., Leclaire N. : « Thermal scattering data and
criticality safety », Physor 2008, 14 - 19 septembre 2008,
Interlaken, Suisse.
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=329&p=1
Contact :
Wim Haeck
(Laboratoire d'expertise et de recherche en
neutronique des réacteurs - LNR)
>> wim.haeck@irsn.fr
Accidents de fusion du cœur
** Pour mieux simuler les effets de l'aspersion en cas d'accident
Deux expériences menées à l'IRSN ont permis d'éprouver la précision de
plusieurs logiciels existant dans le monde pour simuler certains effets
de l'aspersion, dont l'efficacité est un facteur clé pour la maîtrise
d'une situation d'accident de fusion dans un réacteur nucléaire.
Si un accident avec fusion du cœur survenait dans un réacteur
nucléaire, un système d'aspersion par sprays serait activé en haut du
bâtiment du réacteur. Les effets induits sont, d'une part de réduire la
pression en refroidissant les mélanges gazeux – dont la vapeur qui
s'échapperait accidentellement – d'autre part de mélanger
l'hydrogène éventuellement produit, limitant ainsi les risques
d'explosion.
Étudier l'efficacité de ce système passe par la simulation numérique,
dont les modèles sont validés à l'aide d'études expérimentales à petite
échelle. Certaines de ces expériences menées à l'IRSN ont permis
récemment de confronter les résultats (benchmarks) que donnent
différents logiciels pour deux des principaux phénomènes en jeu :
l'effet de l'aspersion sur la dépressurisation et sur la cinétique du
mélange gazeux.
[ Les échanges entre la vapeur et les gouttes ]
Le premier phénomène a été étudié avec l'expérience Tosqan 101 (1), qui
a reproduit une dépressurisation d'un mélange air-vapeur par un spray.
La majorité des simulations réalisées par les différents logiciels ont
abouti à une dépressurisation de l'enceinte plus rapide que dans
l'expérience, donc trop optimiste. Afin d'identifier l'origine de ce
décalage, la modélisation de phénomènes élémentaires, notamment les
échanges de masse et de chaleur entre la vapeur et les gouttes
(évaporation et condensation de vapeur d'eau sur une goutte) par les
logiciels a été comparée. Les essais Caraidas (2) de chute d'une goutte
dans un environnement pressurisé en air et en vapeur, ont servi de base
de travail. Les résultats de ce benchmark élémentaire ont montré que les
différences observées entre les logiciels provenaient du choix des
paramètres dans le calcul du flux de masse entre le gaz et les gouttes.
[ Le mélange gazeux entraîné par le spray ]
La simulation de la cinétique de dilution de l'hydrogène dans l'espace a
été étudiée avec l'essai Tosqan 113 (1) qui s'est déroulé en deux
phases : une première phase de mélange rapide, dans toute l'enceinte,
d'une couche d'hélium dans le dôme de l'enceinte simulant une « bulle »
d'hydrogène ; puis une phase, beaucoup plus lente, de mélange d'une
couche d'hélium résiduelle « coincée » au-dessus de la buse d'aspersion.
Les logiciels 0DGLO, qui, actuellement, modélisent la chute de gouttes
sans entraînement du gaz, reproduisent logiquement mal ce phénomène.
Mais les codes multi-dimensionnels (CFD) ont également montré certaines
limites essentiellement pour la deuxième phase de l'expérience. La cause
pourrait aussi se trouver dans la modélisation de l'entraînement du gaz
par les gouttes du spray. Un benchmark élémentaire a donc été proposé
sur l'expérience Calist (voir photo). Les résultats de ce benchmark sont
attendus en 2012.
Réseau d'excellence européen Sarnet et Sarnet-2 (6ème et 7ème PCRD)
En savoir plus sur l'installation Tosqan
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=331&p=1
En savoir plus sur le banc expérimental Calist
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=332&p=1
En savoir plus sur le Lecev
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=333&p=1
En savoir plus sur le Lemac
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=334&p=1
Publication : Malet J., Gelain T., Mimouni S., Manzini G., Arndt S.,
Klein-Hessling W., Xu Z., Povilaitis M., Kubisova L., Parduba Z., Paci
S., Siccama N.B. et Stempniewicz M.H. : « Spray model validation on
single droplet heat and mass transfers for containment applications -
Sarnet-2 benchmark », The 14th International Topical
Meeting on Nuclear Reactor Thermalhydraulics, NURETH-14, Toronto,
Ontario, Canada, September 25-30, 2011.
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=335&p=1
Publication : Malet J., Blumenfeld L., Arndt S., Babic M., Bentaib A.,
Dabbene F., Kostka P., Mimouni S., Movahed M., Paci S., Parduba Z.,
Travis J., Urbonavicius E. : « Sprays in containment : Final results of
the Sarnet spray benchmark ». Nucl. Eng. Des. 241, pp.
2162-217 (2011).
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=336&p=1
(1) Réalisée dans l'installation Tosqan de l'IRSN qui permet
de simuler des conditions thermo-hydrauliques d'un accident grave
affectant le cur d'un réacteur nucléaire.
>>
(2) L'installation Caraidas de l'IRSN a été construite pour
étudier la condensation et l'évaporation de la vapeur sur une goutte,
ainsi que la collecte d'aérosols et le piégeage de l'iode par une goutte
en chute verticale.
>>
Contacts :
Jeanne Malet
(Laboratoire d'études et de modélisation
en aérodispersion et confinement - Lemac)
>> jeanne.malet@irsn.fr
Emmanuel Porcheron
(Laboratoire d'expérimentations en confinement,
épuration et ventilation - Lecev)
>> emmanuel.porcheron@irsn.fr
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LA VIE DE LA RECHERCHE
**
Prix
Miloud Chahlafi, lauréat d'un prix 2011 de la Fondation EADS
Miloud Chahlafi recevra le 28 mars 2012, le prix de la meilleure thèse
en sciences de l'ingénieur décerné par la fondation EADS en 2011. Il a
effectué sa thèse (voir ci-contre, Formation par la recherche) au
Laboratoire d'étude et de simulation des accidents majeurs (Lesam) de
l'IRSN et au Laboratoire EM2C de l'École centrale Paris, et l'a soutenue
en janvier 2011.
La fondation EADS récompense chaque année six thèses qui ont contribué à
une avancée significative de la recherche, en explorant de nouvelles
voies, en proposant de nouveaux paradigmes, ou en établissant de
nouvelles interfaces entre disciplines.
En savoir plus sur le prix de la meilleure thèse.
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=322&p=1
** Soutenance de HDR
Transfert des radionucléides
Denis Maro, chercheur du Laboratoire de radioécologie de
Cherbourg-Octeville de l'IRSN, a soutenu son habilitation à diriger des
recherches (HDR) sur le thème « Transfert des radionucléides sous forme
de gaz et d'aérosols dans les environnements complexes : études
expérimentales de dispersion atmosphérique et d'échanges aux
interfaces », le 2 décembre 2011 à l'École centrale de Nantes.
En savoir plus sur la soutenance de HDR.
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=321&p=1
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GLOSSAIRE (GLO)
** Apoptose
Mort cellulaire programmée (selon un programme génétique établi),
induite ici par l'irradiation. C'est une composante normale du
développement d'un organisme multicellulaire, qui aboutit à la mort de
cellules particulières, à certains endroits, à un moment précis.
L'apoptose sert notamment à éliminer les cellules « usées ».
** Criticité
Le risque de criticité est celui de l'emballement des réactions
neutroniques en chaîne. Les conditions d'un tel accident dépendent
notamment de la masse, de la géométrie, de la modération par des
produits hydrogénés et de l'environnement de la matière fissile.
** Dose absorbée
Énergie absorbée par la matière par unité de masse, exprimée en Gray
(Gy).
** Dosimétrie
Évaluation de la dose de rayonnement reçue lors de l'exposition à une
source radioactive.
** Endothélium vasculaire
Couche la plus interne des vaisseaux sanguins, formée d'une monocouche
de cellules endothéliales, en contact direct avec le sang.
** Entérite radique
Se caractérise par des lésions de la paroi intestinale dues à la
radiothérapie de l'abdomen ou du bassin.
** Exprimé
Être transcrit puis traduit en protéine.
** Fantôme voxélisé
Représentation en trois dimensions d'un corps humain, créée à partir des
scanners de ce corps. Les fantômes voxélisés standards correspondent à
des morphologies moyennes de la population européenne et
nord-américaine.
** Fibrose
Remplacement progressif des tissus lésés par du tissu conjonctif, qui
est normalement limité à la formation de la cicatrice et cesse
spontanément. La fibrose dite « pathologique » est en général le stade
ultime de l'inflammation chronique. Elle se traduit par une accumulation
excessive de tissu conjonctif (par les fibroblastes et les cellules
musculaires lisses) dont la production ne cesse pas. Elle compromet le
fonctionnement de l'organe.
** Logiciel 0D
Un logiciel 0D utilise une modélisation simplifiée de la physique en
supprimant la dimension spatiale par le regroupement de certains
paramètres en des entités discrètes qui approximent le comportement
global.
** Logiciel CFD
Computational Fluid Dynamics, logiciel multidimensionnel de résolution
des problèmes de dynamique des fluides.
** Longueur d'extinction
Distance maximale parcourue par un photon émis depuis la surface d'un
crayon avant d'être pratiquement absorbé par la matière.
** Médiateurs mastocytaires
Le mastocyte est une cellule granuleuse présente essentiellement dans
les tissus conjonctifs et les muqueuses, qui contient de très nombreuses
granulations elles-mêmes contenant des médiateurs chimiques comme la
sérotonine, l'histamine, la tryptase ou l'héparine. Lorsqu'il est en
contact avec un allergène, il « dégranule » et libère ces médiateurs de
façon très rapide.
** Modèles biocinétiques
Ces modèles définissent la répartition et l'accumulation de la
radioactivité dans le corps selon les produits utilisés.
** Radiopharmaceutique
Élément radioactif associé ou non à un vecteur spécifique d'une cible
biologique.
** siRNA
Small interferring RNA ou « petits acides ribonucléiques (ARN)
interférents ». La technique siRNA consiste à introduire dans une
cellule ces petits ARN simple ou double brin. Leur interférence avec un
ARN messager spécifique conduit à la dégradation de celui-ci et à son
« extinction ».
** Transfert radiatif
Mode de transfert de chaleur résultant des rayonnements (photons) émis
et absorbés par deux parois de températures différentes. Il se distingue
ainsi de la conduction (éventuellement augmentée par la convection) qui
se fait par mouvement des atomes ou molécules.
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FORMATION PAR LA RECHERCHE
Séismes
** Mieux modéliser l'interaction entre le sol et les bâtiments soumis à
un séisme
L'interaction du sol avec les éléments de structure d'un bâtiment est
importante pour déterminer son comportement en cas de séisme. La thèse
d'Ali Gandomzadeh permet de mieux prendre en compte la nature complexe
des sols et son impact sur l'évaluation de cette interaction.
Pour étudier le comportement des bâtiments soumis à un séisme, les
ingénieurs utilisent des modèles de transmission des ondes sismiques
entre le sol et la structure de génie civil qui les compose (interaction
sol-structure). En général, le sol y est représenté de façon simplifiée
en une dimension, et son comportement est supposé linéaire, c'est-à-dire
qu'il revient à son état initial après le passage du séisme.
Or, ces approximations ne sont plus réalistes dès que la géologie du
lieu est complexe ou si l'intensité des secousses sismiques devient
importante : le comportement du sol devient alors non-linéaire, ce qui
signifie que des déformations permanentes apparaissent.
Les travaux d'Ali Gandomzadeh visaient d'une part, à rendre compatible
un modèle réaliste de la non-linéarité du sol soumis à un séisme avec un
logiciel de calcul des structures, d'autre part, à évaluer l'influence
d'un comportement non linéaire du sol sur l'interaction sol-structure.
[ Un modèle réaliste, facile à paramétrer ]
Parmi les modèles élasto-plastiques capables de représenter la
non-linéarité du sol, celui qu'Ali Gandomzadeh a choisi (1) ne demande
que peu de données de terrain pour son paramétrage. Sur la base de ce
modèle et en utilisant une méthode de résolution aux éléments finis en
deux dimensions, il a développé un module de simulation du comportement
non linéaire du sol dont les résultats ont été vérifiés grâce à ceux de
logiciels de sismologie. De plus, il a élaboré une méthode simple
d'atténuation des ondes pour éviter leur réverbération sur les bords de
la surface modélisant le sol : créée artificiellement par le calcul, la
réverbération peut entraîner des interférences parasites. Ces différents
éléments ont alors été implantés dans le logiciel de calcul de génie
civil CESAR-LCPC (2) qui permet de faire, à la fois, le calcul du
comportement des structures et la représentation mécanique des sols et
des roches.
L'ensemble a été testé sur plusieurs cas numériques. Un test de
prévision a par exemple été réalisé sur un modèle 2D du bassin de Nice
en tenant compte de la complexité des couches géologiques (en termes de
géométrie et de propriétés mécaniques). Des phénomènes caractéristiques
de la réponse non-linéaire du sol, et en particulier les changements de
fréquence de la résonance sous une forte sollicitation sismique, ont
ainsi pu être quantifiés.
[ Des modèles simplifiés pour des applications opérationnelles ]
Ce logiciel permet d'étudier des cas réalistes d'interaction
sol-structure. Cependant le temps de calcul est relativement long. Des
méthodes simplifiées doivent être développées pour réduire le temps de
calcul tout en conservant une résolution suffisamment précise.
Institut français des sciences et technologies des transports, de
l'aménagement et des réseaux (Ifsttar).
En savoir plus sur le Berssin
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=337&p=1
Publication : Interaction dynamique sol-structure : influence des
non-linéarités de comportement du sol, thèse soutenue par Ali
Gandomzadeh à l'Université Paris Est en février 2011.
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=338&p=1
(1) Développé par un chercheur de Caltech, Bill Iwan.
>>
(2) CESAR-LCPC est un progiciel de calcul fondé sur la
méthode des éléments finis et adapté à la résolution des problèmes du
génie civil et de l'environnement : calcul de structures, mécanique des
sols et des roches, thermique, hydrogéologie, etc.
>>
Contact :
Fabian Bonilla
(Bureau d'évaluation des risques
sismiques pour les installations - Berssin)
>> fabian.bonilla@irsn.fr
Accidents de fusion du cœur
** Une méthode Monte Carlo pour simplifier l'équation de transfert
radiatif
À l'aide d'une méthode de type Monte Carlo, Miloud Chahlafi a estimé
l'intensité des transferts de chaleur radiatifs dans un cur de
réacteur nucléaire accidenté, donnée fondamentale pour l'évolution de
l'accident.
En cas d'accident grave d'un réacteur nucléaire, comme cela est arrivé
sur les réacteurs de Fukushima en 2011, la chaleur est évacuée
principalement par rayonnement. Ce transfert radiatifGLO de la chaleur
est plus ou moins efficace selon la géométrie du cœur qui se
dégrade, et influence donc la progression de cette dégradation. Simuler
l'évolution d'un accident nécessite donc de calculer ce transfert. Or,
si le calcul est simple pour des crayons de combustible nucléaire
intacts (disposition périodique), il s'avère beaucoup plus complexe
quand les crayons sont endommagés.
[ Longueur d'extinction... ]
Pour surmonter cette difficulté, la thèse de Miloud Chahlafi a adopté
une démarche nouvelle pour estimer précisément le transfert radiatif et
aboutir à un modèle approché. Il a reconstitué la géométrie en 3D d'un
cœur dégradé à l'aide des tomographies de crayons obtenues après
les essais du programme Phébus-PF (1). Puis il a simulé le rayonnement
thermique par un lancement aléatoire de photons (méthode statistique
Monte Carlo). Ceci a permis d'estimer la longueur d'extinctionGLO du
rayonnement et les caractéristiques d'absorption et de diffusion du
rayonnement dans le milieu, paramètres qui interviennent dans l'équation
de transfert radiatif en 3D.
[ ... et conductivité radiative ]
Miloud Chahlafi a ainsi montré que ces grandeurs sont indépendantes de
la direction dans le plan perpendiculaire aux crayons, lorsque ceux-ci
sont dégradés.
L'équation de transfert radiatif peut donc être résolue en 2D : dans la
direction parallèle aux crayons et dans le plan perpendiculaire. Elle
peut de plus être approximée par une équation de diffusion, avec un
coefficient de « conductivité radiative » qui, dans la direction des
crayons, est deux à trois fois plus élevé que dans le plan
perpendiculaire. La conductivité dépend des principales variables
caractérisant le milieu : la température, la porosité, la surface des
crayons endommagés.
Cette méthode, établie d'abord pour un gaz transparent, a été améliorée
pour prendre en compte un gaz absorbant (vapeur d'eau) contenant
éventuellement des gouttelettes et ainsi évaluer les transferts entre
crayons et gaz ou gouttelettes. Ce cas est important pour estimer si une
injection d'eau dans le cœur peut stopper la progression d'un
accident.
[ Applications à l'expertise ]
Cette modélisation du transfert radiatif présente deux avantages
considérables par rapport à ce qui existait jusqu'à présent : d'une
part, elle est facilement adaptable à d'autres types de réacteurs à eau
et, d'autre part, elle est compatible avec les méthodes numériques
utilisées dans les logiciels simulant les accidents de fusion. Son
intégration dans le logiciel Astec (2) est donc en cours.
Laboratoire EM2C de l'École Centrale Paris, Areva.
En savoir plus sur le Lesam
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=339&p=1
Publication : Chahlafi M., Bellet F., Fouchet L., Fichot F. et Taine, J.
« Radiative conductivity of non beerian porous media: application to
degraded rod bundles of a nuclear core », Proceedings of 6th Int.
Symposium on Radiative Heat Transfers (RAD-10), Antalya, 2010.
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=340&p=1
Publication : Modélisation du rayonnement thermique dans un
cur de réacteur nucléaire dégradé en présence de vapeur et de
gouttes d'eau. Thèse soutenue par Miloud Chahlafi à l'École
Centrale de Paris en janvier 2011. Prix 2011 de la fondation EADS.
>> http://kiosque.irsn.fr/go.php?l=341&p=1
(1) Le programme international Phébus PF était un programme
expérimental mené par l'IRSN, pour reproduire les conditions d'un
accident de fusion du cur et étudier notamment le comportement des
produits de fission (PF).
>>
(2) Le logiciel de simulation des accidents Astec est
conjointement développé depuis de nombreuses années par l'IRSN et GRS,
son homologue allemand.
>>
Contact :
Florian Fichot
(Laboratoire d'étude et de simulation
des accidents majeurs - Lesam)
>> florian.fichot@irsn.fr
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et de sûreté nucléaire. Éditeur IRSN - standard : +33 (0)1 58 35 88 88 -
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